Soutenance de thèse de Lauriane LESCALIER

Ecole Doctorale
Sciences de la Vie et de la Santé
Spécialité
Biologie-Santé - Spécialité Neurosciences
établissement
Aix-Marseille Université
Mots Clés
Cognition,Emotion,Trouble bipolaire,,
Keywords
Cognition,Emotion,Bipolar disorder,,
Titre de thèse
Interaction Emotion / Cognition dans le Trouble Bipolaire
Emotion / Cognition interaction in Bipolar Disorder
Date
Lundi 26 Mars 2018
Adresse
Institut de Neurosciences de la Timone Faculté de Médecine 27, boulevard Jean Moulin 13005 Marseille - France
Salle Henri Gastaut
Jury
Directeur de these Christine DERUELLE Institut de Neurosciences de la Timone, Aix-Marseille Université
Rapporteur Arthur KALADJIAN Etablissement public de santé mentale de la Marne
Rapporteur Katia M'BAILARA Laboratoire de psychologie de l'université de Bordeaux
Examinateur Galina IAKIMOVA Laboratoire d'Anthropologie et de Psychologie Cognitive et Sociale (LAPCOS/EA 7278)
Examinateur Maud CHAMPAGNE-LAVAU Laboratoire Parole et langage UMR 7309 CNRS, AIx-Marseille université
CoDirecteur de these Pascale POMIETTO Institut de Neurosciences de la Timone, Aix-Marseille Université

Résumé de la thèse

Les effets des émotions sur l’attention et la mémoire sont largement documentés dans la littérature chez le sujet sain. Dans les pathologies de l’humeur et, en particulier dans le trouble bipolaire, les travaux sont, encore peu nombreux, et les perturbations mises en jeu demandent à être précisées. Sur la base de données de la littérature suggérant la présence de schémas cognitifs dysfonctionnels dans cette pathologie, y compris durant les périodes d’euthymie, nous avons émis l’hypothèse que ces schémas pouvaient entraîner des biais mnésiques envers les stimuli émotionnels mais également des troubles de la régulation des émotions. Pour tester cette hypothèse, nous avons, dans un premier temps, étudié l’effet implicite d’expressions faciales positives et négatives sur l’encodage de l’identité chez des patients bipolaires à l’euthymie et chez des participants témoins. Nos résultats montrent un effet perturbateur de l’expression de joie sur l’encodage de l’identité chez les patients bipolaires, qui les distinguent des participants témoins. Dans un second temps, nous avons mené une étude afin d’évaluer l’effet de la volition sur l’efficacité d’une stratégie de régulation émotionnelle, la réévaluation cognitive. En effet, en plus de trouble de la régulation émotionnelle, des perturbations des processus motivationnels ont également été documentées dans le trouble bipolaire. Cette étude, qui n’a pour le moment été conduite que chez des participants témoins, a montré une augmentation de l’efficacité de la stratégie de réévaluation cognitive lorsque les participants choisissent eux-mêmes de l’utiliser comparé à lorsqu’ils y sont contraints. Cet effet bénéfique du choix est observé pour les valences émotionnelles positives et négatives. La même étude sera prochainement menée dans le trouble bipolaire à l’euthymie afin de vérifier si un déficit de motivation est associé à une perte d’efficacité de cette stratégie de régulation des émotions. L’impact de nos données est double : elles mettent en évidence, d’une part, l’importance de considérer les biais attentionnels et mnésiques pour les émotions positives comme un potentiel marqueur de trait du trouble bipolaire. Elles soulignent également l’importance de la motivation dans l’efficacité de la stratégie de réévaluation cognitive. Nos résultats sont discutés dans le contexte de la prise en charge des patients souffrant de trouble bipolaire.

Thesis resume

The effects of emotions on attention and memory are widely documented in the literature in healthy subjects. In mood disorders and in bipolar disorder in particular, there are still very few studies and emotion processing impairments need to be clarified. On the basis of data from the literature suggesting the presence of dysfunctional cognitive patterns in this pathology, including during euthymia, we hypothesized that these patterns could lead to memory biases towards emotional stimuli but also to impairments emotion regulation. To test this hypothesis, we first studied the implicit effect of positive and negative facial expressions on identity encoding in euthymic bipolar patients and in healthy participants. Our results show a disruptive effect of expression of joy on identity encoding in bipolar patients, which distinguishes them from healthy participants. Second, we conducted a study to evaluate the effect of volition on the effectiveness of an emotional regulation strategy, cognitive reassessment. In addition to emotional regulation disorders, disturbances of motivational processes have also been documented in bipolar disorder. This study, which has so far been conducted only in healthy, showed an increase in the effectiveness of the cognitive reappraisal strategy when participants choose to use it themselves compared to when forced to do so. This beneficial effect of choice is observed for positive and negative emotional valences. The same study will soon be conducted on euthymic bipolar disorders patients, to see if a lack of motivation is associated with a loss of effectiveness of this strategy for regulating emotions. The impact of our data is twofold: on the one hand, it highlights the importance of considering attention and memory biases for positive emotions as a potential marker of bipolar disorder. They also highlight the importance of motivation in the effectiveness of the cognitive reappraisal strategy. Our findings are discussed in the context of therapeutic care of patients with bipolar disorder.